dimanche 9 septembre 2012

"Vivre", première année...


L'ANEP (Association Naturienne[*] pour l'Epanouissement et la Plénitude de la Vie), l'association officielle qui anime ce blog, s'est constituée en 1986 autour de l'équipe rédactionnelle du magazine «La Vie au Soleil». Après avoir remis à flot ce média «historique» du Mouvement Naturiste fédéré, elle avait été évincée par un énième repreneur politiquement suspect (très proche du Front National).

Dès sa fondation, notre but a été de « restaurer, élargir et actualiser le concept de «naturisme» afin de disposer, au seuil du troisième millénaire, d'un projet novateur de culture humaine intégrale, de convivialité et de civilisation, acceptable par le plus grand nombre».

Et comme il est avéré qu'on ne peut efficacement se projeter vers l'avenir si l'on néglige de prendre appui avec réalisme sur le présent et sur ce qui l'a généré, c'est à dire ce «présent dépassé» qu'on appelle amnésiquement «le passé», je me suis tout particulièrement attaché à rassembler la mémoire de tout ce qui avait été pensé et expérimenté depuis les origines à propos de cette féconde alternative existentielle et culturelle qu'est, dans l'esprit, le Naturisme [*]. Notamment dans sa forme la plus holistique et avancée du Gymnisme (du grec gumnos : nu).

Qu'on ne se méprenne pas, il n'était pas question d'accumuler des «archives», vite empoussiérées et décrépies. Mais bien, dans mon esprit, de se donner les moyens d'aller explorer les racines de cette pulsion de Vie qui, par bonheur, résiste depuis l'aube des Temps historiques à toutes les tentatives d'étouffement ou de déroutement que les «bâtisseurs de Sociétés», les idéologues et autres forgerons de dogmes, ont tenté d'imposer ces derniers millénaires au cours de l'Évolution. Étant bien évident que si celle-ci, depuis quelques millions d'années, tente manifestement de passer par cette forme complexe et avancée qu'est l'être humain, elle n'en suit pas moins un cheminement constant, par delà les espèces qu'elle a successivement engendrées et privilégiées, vers plus de Conscience, plus d'Intelligence, plus de Créativité, plus de Socialité, et surtout, en dépit de ratées abominables, vers plus d'Amour !

Cette exploration m'a fait prendre conscience, de fil en aiguille, que les épisodes d'insoumission de cette «pulsion de Vie» rebelle n'étaient pas propres à notre époque moderne. Celle-ci, pourtant, bat tous les records historiques en force de répression; ou, plus machiavéliquement, depuis la mise au point de subtiles techniques de manipulation mentale, en moyens de détournement. A quelque niveau qu'elle tente de se manifester: physiologique, érotique, spirituel...Là où précisément elle présente le plus de risques de faire bouger les lignes des «ordres sociaux» établis. Et ce, en dépit d' apparences trompeuses savamment orchestrées par toute la Cour des prébendiers du Système !

De tout temps, aussi loin que puisse se porter le regard, des expressions  vigoureuses de refus de tous les carcans, des revendications massives de libertés élémentaires, ont jalonné l'Histoire. Et, en dépit des persécutions, elle les a malgré tout et heureusement, presque toutes consignées ! Surtout dans les périodes où des «normalisations» particulièrement abusives et contraignantes s'efforçaient de mettre en cage telle ou telle manière naturelle d' «être au monde». Et ces reniements organisés par les «pouvoirs» en place, avaient presque toujours trait au corps, à sa nudité, aux diverses expressions de sa vitalité. Ainsi, au Bas Moyen-Age, les Adamites, les Frères et Sœurs du Libre Esprit, parmi bien d'autres, en portent spectaculairement témoignage.

Le Naturisme, notamment dans sa forme gymnique, s'inscrit manifestement  dans cette ligne comme la ré-émergence moderne de ce courant éternel de résistances essentielles, consubstantiel à la Vie et sous-jacent à l'Histoire de toute l'Humanité.
C'est bien pourquoi il déchaîne contre lui tant de haine et de vindicte unanimes de la part des «autorités» instituées, laïques comme religieuses -quelqu'en soient les fondements idéologiques ou «culturels» !- qui tiennent en main les cordons de la camisole de force où suffoque la Vie en l'Homme ! Pour le «profit» quasi-exclusif d'une classe parasite (devenue hélas aujourd'hui planétaire !), obnubilée par les seuls «attraits» matérialistes et quantitatifs de l'existence.

Notre entreprise est donc claire. Elle tient en quelques objectifs : suivre à la trace cette révolte latente à travers les âges et les cultures; en contre-point, identifier les déviances-clés qui en sont la  cause; à partir de cette information, tenter de dégager par où, en l'Homme, passe la voie naturelle de l'Evolution; suggérer les réformes existentielles individuelles et sociétales susceptibles de nous en faciliter le rapprochement; parallèlement, créer ou encourager des espaces du quotidien où ce retour au Sens primordial de la Vie puisse se vivre réellement et pleinement.

Ce n'est donc pas gratuitement ni à titre purement «documentaire» que nous entreprenons aujourd'hui la mise en ligne de nos collections. A commencer par la plus novatrice et fondatrice de toutes, celle de la revue du Père du mouvement naturo-gymnique en France (Marcel KIENNE de MONGEOT) : «Vivre d'Abord !».
 Au fil de ces 412 numéros (le premier sorti le 15 Mars 1926, le dernier le 15 Mars 1962), nous découvrirons ensemble le cheminement d'une pensée qui se proposait de «mettre des mots» sur tous les aspects de cette aspiration viscérale au «vivre». Pensée d'une brûlante actualité au seuil de la plus explosive crise qu'auront jamais connue les Sociétés humaines et qu'essaye de temps à autre, parfois avec une insigne ignorance et beaucoup de maladresse, de maintenir à flot le Mouvement Naturiste officiel.

Les textes publiés vous feront rencontrer des «plumes» qui ont eu leur temps de notoriété à l'époque: beaucoup d'auteurs littéraires, beaucoup de médecins, beaucoup d'acteurs de la vie sociale,   artistique et culturelle du moment. Vous ne manquerez pas de remarquer qu'aucun n'éprouvait de honte à parler ouvertement de nudité, de sensualité, de beauté, de sexualité, de réforme des mœurs et des codes sociétaux !... Jamais de «pseudos», comme de nos jours où, a contrario de la prétendue «transparence» des réseaux sociaux, bien peu de «communicants» osent s'afficher à visage découvert sur des sujets réputés «délicats». Les Anonymus, on ne connaissait pas !
A ce propos, nous venons d'apprendre que l'Ordre des Médecins, hier en pointe dans la défense et l'illustration des options naturistes (gymnisme compris), sanctionne désormais ceux de ses adhérents qui auraient l'audace de signer de leur nom de praticien tout le bien qu'ils pourraient  encore avoir envie de dire à leur égard...

Vous serez également étonnés de la «jeunesse», de l'universalité et de la permanence des analyses et des thèses soutenues. Comme quoi, il y a bien un éternel humain qui transcende toutes les pseudo-modernités, toutes les races, toutes les cultures, tous les niveaux de savoir et de technologie...

Et c'est bien pour refonder la pensée naturiste sur les constantes incontournables de la Vie et du phénomène humain que nous entreprenons cette diffusion. A «Vivre d'Abord !», nous appelons cela les fondamentaux du Naturisme...

Nous essaierons de nous en tenir au rythme d'une série par mois; chacune portant sur une dizaine de numéros[**]. En effet, la périodicité de «Vivre» a été variable. L'année calendaire a vu fluctuer le nombre de numéros de 4 à 24 au cours des 26 années d'existence du magazine... Ainsi fut-il d'abord mensuel de 1926 à 1928 (période de lancement des idées et des options naturistes auprès du Public). Puis, il devint bimensuel de 1929 à 1935 (montée en puissance du mouvement dans toutes les classes sociales). Pour redevenir mensuel jusqu'en 1939 (avec la Crise, les consensus sociaux tendaient à se fissurer). A sa reparution au Printemps 1946 et jusqu'à fin 49, il se cherchera dans la trimestrialité. Mais avec la renaissance d'un nouveau mouvement nudo-naturiste structuré (1949 : fondation de la Fédération Française de Naturisme -FFN- et lancement d'un magazine grand public, «La Vie au Soleil», par Albert LECOCQ, disciple indépendant de KIENNE de MONGEOT), il se rangera au rythme bimestriel et le gardera jusqu'en 1963.
Il nous faudra donc un minimum de trois années années pleines pour «sortir» ces 412 numéros de 15 pages en moyenne. Mais bon, c'est parti !...

Pour guider le lecteur, nous essaierons de faire précéder chaque parution d'un mot d'introduction s'efforçant de souligner les idées-force et les informations les plus saillantes qui se dégagent de la série et qui caractérisent le mieux la «ligne» du Mouvement dans son évolution.
Moi-même et Julien WOLGA, pour la sensibilité «jeunes générations», nous nous attèlerons à ce travail de fouilles et de refondation. En espérant que parmi nos visiteuses et visiteurs, des vocations se manifesteront pour venir étoffer notre «équipe» et nous aider à tenir notre engagement...
Ainsi, peu à peu, disposerez-vous avec nous des «briques» nécessaires à la reprise du chantier d'édification de cette Cité Naturienne en panne depuis si longtemps. Il y a tellement urgence à la faire enfin «sortir de Terre» au rythme où, sur leur lancée aveugle, nos Sociétés se rapprochent du mur !...

Michel PIVERT
Président-fondateur de l'ANEP


[*] Nous rappellerons encore ici que si c'est à regret que nous abandonnons peu à peu l'épithète «naturiste» et le remplaçons par «naturien(ne)» nous avons au moins trois  bonnes raisons de le faire.

1/ Le mot «naturisme», à cause du «isme» final, renvoie à une notion d'idéologie et place aussitôt cet engagement dans la quête de la Vérité de la Vie sur le même plan que toutes les options existentielles dont regorge le Supermarché mondial des doctrines, des croyances, des systèmes, qui aveuglent et égarent l'Homme dans son aspiration au simple Bonheur de Vivre.

2/ Le qualificatif «naturiste» sert aujourd'hui de pudique cache-sexe à la plupart des pratiques sexuelles disons «hors-normes» qui s'étalent désormais au grand jour; à commencer par l'échangisme. Il n'est donc plus, hélas, un identifiant ...politiquement correct pour parler de ce qui est en cause ici.

3/ Au contraire de «naturien(ne)», le mot «naturiste» ne permet pas de différencier le féminin du masculin. Il est également trop abstrait et désincarné. Plus un simple signalement d'une adhésion à une idée alternative que d'un engagement existentiel concret et absolu dans un état d'être. Ceux qui habitent la Terre sont des terriens, pas des terristes !

[**] Autre intention : pouvoir mettre à la disposition de nos «visiteurs(euses)/lecteurs(trices)» des fac-similés au format d'origine (24 x 31) des numéros qu'ils/elles  désireraient avoir matériellement en main. Nous étudions actuellement le coût de cette opération et ses modalités de réalisation.



- o -

Coup d'envoi...
15 Mars 1926  : «VIVRE»  N° 1

Cliquez sur la couverture pour télécharger le dossier .zip

La guerre de 14-18 est close depuis à peine huit ans. Ses millions de jeunes gens «reposent» sous terre et l'on édifie partout des monuments aux «héros morts»... La Vie s'est affaissée sous un manteau de plomb...

Le besoin de repenser la manière d'être au Monde, le sens de l'existence, l'organisation sociale des communautés humaines, est ressenti dans tous les pays, dans toutes les tranches d'âge, comme l'urgence absolue. Surtout chez les plus jeunes et les rescapés.

Avec ce premier numéro, Marcel KIENNE de MONGEOT pose la première pierre en France de la réponse naturienne alors en cours d'élaboration dans toute l'Europe. «Notre titre,dit-il, c'est tout notre programme : Vivre !»
Et quel programme !
Vivre ! Oui, vivre! Et d'abord au plus près de notre héritage biogénétique, afin de pouvoir disposer et jouir d'un véhicule corporel aussi performant, maniable et durable que possible ! En même temps, au plus près aussi de nos aspirations ontologiques véritables; celles qui sont inscrites dans l'évolution de notre espèce. Bien au delà des simples pulsions animales. Aspirations au bonheur de se sentir exister, de jouir de la Vie, de partager cette jubilation avec nos semblables, dans la Conscience et dans l'Amour... Vivre encore au plus près de nos expériences vécues des bonnes et des mauvaises façons de mener notre existence quotidienne, afin  d'en  tirer des règles de conduite évidentes et bénéfiques. En se gardant parallèlement de nuire, sous quelque forme que ce soit, à soi-même, au autres, à la Planète... Dans une liberté d'adhésion authentique et joyeuse !
Et puis, à partir de ce viatique indépassable, se contenter d'accompagner la Nature dans son patient travail d'évolution vers le plus haut de son potentiel d'épanouissement. Sans négliger aucune de ses dimensions: corporelles, émotionnelles,intellectuelles, érotiques, artistiques, spirituelles...
Retrouver ainsi une voie de communion harmonieuse avec tout notre biotope; en gardant conscience de l'impact de nos comportements individuels et collectifs sur lui.
Enfin, replacer la «Culture» dans le droit-fil de la logique du Vivant, en veillant à ce qu'elle ne l'entrave pas, qu'elle ne le détourne pas vers des voies dégradantes et mortifères sans issue.

Ce premier numéro est comme une fenêtre vivifiante ouverte sur une nouvelle espérance !

samedi 23 juin 2012

Numérisation en cours...

Ça y est, le grand chantier de numérisation de l'ensemble des parutions de "Vivre" (Vivre, Vivre intégralement, Vivre d'Abord! etc.) éditée par Marcel Kienné de Mongeot a démarré.

lundi 11 juin 2012

Nudisme, pourquoi pas?

Un petit livre d'une 40aine de pages pour expliquer le pourquoi du comment de la nudité dans le naturisme.
Il date de 1963... mais a t'on fait mieux depuis?














Publié aux éditions de la Vie au Soleil en 1963

vendredi 25 mai 2012

8 Juillet 2012 : « Journée sans maillot ! »

Notre mouvement « Vivre d’Abord ! – ANEP » a décidé de soutenir sans réserve l’initiative d’une « Journée Nationale sans maillot ! » le 8 Juillet prochain…




À cette saison, au moins, court-on peu le risque de faire prendre froid aux Français ! On s’en voudrait…
Mais rassurez-vous, ce n’est pas une fantaisie aussi gratuite qu’il peut paraître de notre part.

Certes, en pleine crise planétaire de notre « modèle » (sic) de « civilisation » (resic), avec, en fond d’écran, la danse macabre de tous les désarrois, de toutes les angoisses qu’on connaît, un tel appel risque fort d’être taxé de frivole, de dérisoire, d’infantile, voire même de provocateur. Une futile lubie de petits-bourgeois insouciants et vaguement pervers…

Ce serait dommage, mais peu importe, car dans notre vision des choses du moins, c’est tout l’inverse dont il s’agit. A condition toutefois qu’un rayon de conscience vienne éclairer le sens à donner à cette invitation incongrue.
En effet, si l’on admet que la racine du mal qui ronge nos Sociétés et désespère le cœur des Hommes, réside dans les dénis que notre mental oppose systématiquement aux manifestations les plus basiques de la Nature, le refus outragé de notre propre corps se pose à nos yeux comme le plus pathogène et le plus symbolique de tous.

Ce n’est pas pour rien si, dès l’origine de l’Histoire des cultures, la phobie de la Nudité a été tenue par toutes les mythologies pour être le facteur déclenchant de tous les dévoiements, de toutes les perversions !
Déjà, pour les Grecs de l’Antiquité, cette pudibonderie sidérante était le signe le plus flagrant de la barbarie !
Mais bien avant eux déjà, la Bible -sans doute le premier Livre de Sagesse qui nous soit parvenu-, avait tiré la sonnette d’alarme à ce sujet. Eh oui, cela peut surprendre ! Mais allez relire, sans préjugés d’aucune sorte, ce qu’en disent là-dessus les premières pages, certes allégoriques mais tellement révélatrices, de La Genèse. En voici des extraits (de 1-27 à 3-23) :

« Dieu créa l’Homme à son image. Il LE créa à l’image de Dieu. Il LE créa mâle et femelle… Puis, Il contempla tout ce qu’il avait fait. Et voici (son jugement) : c’était très bon !… Or, Adam et sa femme étaient tous deux nus. Ils n’en avaient nulle honte… »  Adam et Ève, on le sait, mangèrent ensuite du fruit de l’Arbre du discernement entre le Bien et le Mal. Aussitôt, « Ils connurent qu’ils étaient nus ! Et ils se cachèrent de devant la Face de Dieu !… « Où es-tu ? » leur dit Dieu ! Et Adam répondit : « Je me suis caché parce que je suis nu ! »… « Qui t’a donc montré que tu es nu ? ! » l’interrogea Dieu… Alors Dieu les fit sortir du Paradis ! »

On ne saurait mieux raconter la trivialité imbécile  du fameux « péché originel », pour parler comme les religions dites « du Livre » ! … Simplement, dire le contraire de ce que « le Créateur » avait jugé bon !
 Car, de fait, comme on peut le vérifier chaque jour, tout le Malheur de l’Humanité tient tout entier dans ce déraillement initial du jugement de l’Homme sur la Réalité et sa propre condition. Son reniement de sa nature et de la Nature, il l’a proféré à partir d’un contre-jugement complètement paranoïaque que le mental humain ne cesse plus, depuis, de prononcer  à l’encontre de l’ensemble de « la Création » et de toute la Logique du Vivant :
«  Non ! Tout ceci n’est pas bon ! Il est urgent de le réformer ! »  A nous les  O.G.M. !

Ce n’est toujours pas pour rien non plus si l’autre héros de notre humaine épopée, un certain Jésus dit « de Nazareth », à des disciples qui l’interrogeaient sur le jour où eux-mêmes rentreraient dans « son Royaume », répondit ceci : « Lorsque vous vous départirez de votre pruderie ! Que vous prendrez vos vêtements ; les déposerez à vos pieds comme les tout petits enfants et les  piétinerez ! Alors, vous verrez  le Fils du Vivant (qui est en vous !) et vous n’aurez plus peur ! » (Évangile de Thomas – logion 37- traduction de Philippe de Suarez). (1)

Retrouver le regard d’innocence naturel (« ni cacher, ni exhiber ! ») vis-à-vis de la Nudité, c’est, de proche en proche, recouvrer une vision juste sur la Vie, sur notre insertion dans son flux nourricier et foisonnant, sur le sens évolutif qu’elle assigne à son actuel et malheureux « champion » ! Bref, c’est la clef de la boîte où se génère l’incontournable paradigme qui devra donner à l’Humanité et à sa Planète les outils mentaux et pratiques pour se restructurer sur des bases d’Harmonie et de Bonheur.

Si le 14 Juillet 1789 (*), une Bastille est tombée, ne nous y trompons pas. C’est plus une redistribution (très partielle d’ailleurs !) des cartes au cœur d’un même « jeu de Société » inchangé qui a été accompli, qu’une réelle Révolution ! Au sens d’un retournement radical des normes, des règles et des objectifs du « Vivre Ensemble » Entre les Hommes et la Nature vivante d’abord ! Entre eux ensuite !
La preuve, ce grand chambardement a fini par se perdre dans les brumes opaques du trivial et lamentable « Enrichissez-vous ! » de Guizot (2)! !

Aussi bien, aussi insignifiant puisse-t-il paraître, le mot d’ordre lancé pour ce 8 Juillet 2012 visera surtout, pour nous, à rattraper le « coup manqué » du trop célébrissime « 14 Juillet »...
Sans têtes coupées, sans empoignades forcenées, sans discours hystériques : juste en tombant ce jour-là, à la plage, à la piscine, dans votre jardin (et partout ailleurs si vous vous en sentez ! ) maillots et autre caches-machins, dans un grand et joyeux éclat de Liberté Primordiale !

Disons  à 15 H pile ? ! (**)



Michel PIVERT
Président-Fondateur de l’ANEP


(*) Cette journée avait été initialement prévue pour le 15 Juillet.. Mais, pourquoi pas   carrément le 14 ?! Le Naturisme gymnique est redevenu aujourd'hui « terre de mission ». Les intégrismes et les pudibonderies ignares ont repris le contrôle des esprits. L'acte de dénudation « revêt » donc de nouveau un caractère proprement révolutionnaire. Faire coïncider cette journée avec notre fête nationale eut été un signe fort donné au Monde de la part de ces français qui, à la face de tous les conservatismes, viennent de faire le choix du « changement maintenant »... Rendez-vous donc  l'année prochaine pour recadrer cette audacieuse initiative et la charger d'espérances nouvelles !
(**) Pourquoi fixer une heure précise pour « tomber les bas » ? Pour que chacun(e) ne se retrouve pas placé(e) devant l'indécision et l'embarras du « quand ? » ! Se voir tout(e) seul(e)   se mettre nu(e) sur une plage, sur un bord de rivière ou de la piscine pourrait assurément en retenir beaucoup de franchir le pas ! 
(1) Un poster illustrant ce texte est édité par l’ANEP. Il est disponible sur demande au prix de 15 E franco.
(2) Guizot fut Ministre de Louis-Philippe en 1847 et 1848. Sa politique entraîna la révolution de 1848 et l’avènement de Louis-Napoléon Bonaparte. Elle marqua le début de la révolution industrielle et du triomphe de la bourgeoisie spéculatrice.

mercredi 18 avril 2012

2012, an zéro du changement d'ère ?

(A propos de la Charte de Terre et Humanisme)
Charte en mode texte sur le site du  Mouvement Colibri
Il y a cinq ans déjà, un mien ami, le Professeur Frédéric JACQUEMART (1), nous mettait sous les yeux une vingtaine de courbes d’évolution des paramètres les plus significatifs de la marche de nos Sociétés.
Toutes atteignaient leur asymptote (2) autour de l’An 2015…
Autrement dit, aucune perspective de poursuite de nos modes de vie n’est envisageable au-delà !
Et qu’on affuble ou non d’épithètes rassurantes notre mythe de la croissance indéfinie –tel le très consensuel adjectif « durable » !-, rien n’y peut faire.
Comme le disait naguère l’économiste Kenneth BOULDING : « Toute personne croyant qu’une croissance exponentielle peut durer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soi un économiste ! ». Raillant déjà l’imbécillité congénitale et rédhibitoire de toute la classe des managers, comptables et autres traders qui se sont emparés des rênes du destin de toute l’Humanité. Et, par contre-coup, des destinées de notre belle Planète Bleue elle-même.

Il y a 40 ans, le Club de Rome (3), les pères-fondateurs de l’écologie politique, les jeunes hippies soixante-huitards, les vieux sages du Naturisme (et les nouveaux !), d’innombrables  autres voix convergentes, clamaient l’inanité d’un « Système » en train de s’emballer et glissant tout droit vers l’abîme.
Elles appelaient à la mise en perspective urgente de notre idéologie du « toujours plus », de notre religion obscurantiste d’un « progrès » technologique indéfiniment salvateur. Elles rappelaient notre interdépendance ontologique incontournable au sein de la Nature et du Vivant. Elles proposaient déjà des voies alternatives pionnières…
Rien n’y fit ! Clameurs dans le désert des certitudes !

Pourtant, une de ces voix, la plus « désertique » de toutes sans doute, puisqu’elle émanait d’un obscur « immigré » sahraoui, échoué qui plus est dans l’un des « trous » les plus arides du plus improbable des départements français, l’Ardèche, finit par percer la conspiration du silence! En appelant à « l’insurrection des consciences », en démontrant par la pratique qu’« un autre monde est possible », Pierre RABHI faillit même en 2002 disposer de la tribune de la campagne présidentielle (il ne lui manqua que quelques signatures sur les 500 requises) pour interpeller les Français et leur faire entendre les évidences massives que nous venons d’évoquer. Dommage ! Les choses auraient sans doute pris un autre cours…
Néanmoins, son cri, ses écrits, ses initiatives, son charisme, sa sincérité, ont rallié à sa croisade d’innombrables « réveillé(e)s » de tous âges. Et dans le Monde entier.
Toute son œuvre est structurée autour de l’idée fondatrice que « de l’humus à l’humain » (voire au-delà !), il y continuum. Elle se trouve très clairement déclinée dans la Charte de son Mouvement fédérateur « Terre et Humanisme » dont nous offrons aujourd’hui la lecture stimulante à nos visiteurs (voir ci-après).


En effet, notre mouvance du Vivre d’Abord ! s’y reconnaît sans l’ombre d’une réserve.
Nous tenons même à souligner que le corpus de pensées sur lequel se sont construits le Naturisme et la Gymnosophie des origines s’y retrouve en intégralité. Pratique de la Nudité exceptée, pour l’instant, vu les ambiguïtés qui flottent autour d’elle. 
L’ANEP n’en déplore que plus d’avoir dû assister pendant près de 50 ans à la complète hémorragie de ces hautes valeurs porteuses d’espoir, hors du grands corps malade de notre Mouvement.
Car on ne doit pas perdre de vue que ce dernier avait été pionnier dès la fin de la Guerre de 14-18, dans toute l’Europe et singulièrement en Allemagne et en France, pour tenter d’asseoir ce nouveau paradigme civilisateur. Il avait su imposer l’évidence qu’à défaut de s’y engager, aucune voie d’avenir n’était possible ; ni économiquement, ni écologiquement, ni éthiquement, ni existentiellement, ni spirituellement. Et qu’aucun Bonheur de Vivre réellement épanouissant n’était de ce fait envisageable au fond de cette impasse. Ce que l’Histoire ultérieure a, hélas, tragiquement confirmé !
Aujourd’hui, le Naturisme officiel n’est plus perçu, au mieux, que comme un petit confort estival, hédoniste, égocentriste et légèrement farfelu. Quand il n’est pas synonyme, dans l’esprit du grand public télévisuel, de pandémonium « sexuel » échevelé !… Tant il a, de « tolérances » contradictoires en consensus invertébré, perdu complètement de vue sa vocation et sa mission d’éveilleur des consciences et d’orientateur « politique » ! Politique, bien évidemment, dans le sens originel de « tout ce qui concerne la vie en Société »…

L’actualité nous montre cruellement que ce n’est manifestement pas dans les « programmes » éculés qu’osent encore ressortir de leurs boîtes à outils les candidats à la prochaine élection présidentielle, qu’on risque de trouver ne serait-ce que les prémices de ce nouveau paradigme ! Même pas, ô désespoir !, chez les ci-devant « écologistes », tout occupés à se faire réserver un strapontin à l’ombre électoralement porteuse du « gros frère » libéral-socialiste !…
 C’est pourquoi nous faisons plus confiance au « Génie créateur de la Société Civile », autour du slogan « Tous Candidats ! » de Pierre RABHI (4), qu’à toutes les professions de foi plus ou moins hallucinées des derniers camelots d’un « modèle » obsolète. Et finalement, hélas, bien plus encore qu’au « souffle » expirant de La Définition dans laquelle a été momifié l’Esprit Révolutionnaire intrinsèque du Naturisme Gymnique (lire à cet égard le conte philosophique de Julien WOLGA, mon successeur comme président démissionnaire des Jeunesses Naturistes de France).

Nous invitons donc tou(te)s les ami(e)s en ligne de Vivre d’Abord ! à faire connaissance avec la Charte proposée par Terre et Humanisme, ainsi qu’avec les liens que nous « caftons » à la suite de cet article. Car aujourd’hui, de multiples horizons jusqu’ici séparés par d’étanches cloisons (sciences de pointe, psychologies transpersonnelles, désirs et imaginaire, réalisation spirituelle, créativités artistiques, etc…), surgissent des visions convergentes de la Réalité ultime du Vivant. Elles s’enrichissent mutuellement, font exploser les oppositions prétendument irréductibles, ébranlent les dogmes sclérosants et redonnent sa pleine richesse au concept inépuisable de « Nature », tout à la fois une et foisonnante (5).



Bonne lecture ! Et n’hésitez pas à vous exprimer. L’enrichissement des Idées vient toujours  d’un échange apaisé entre esprits ouverts, empathiques, réfléchis et sans préjugés…

Amitiés à chacune, à chacun de ceux et celles qui se profilent derrière les 13.922 visites enregistrées  à ce jour sur notre blog ! Et à toutes celles et ceux qui entr’ouvrent pour la première fois notre « petite lucarne » !



Michel PIVERT
Président-fondateur de l'ANEP




(1) Dr. en médecine, Dr. en sciences, ancien  de Médecins sans frontières, ancien chercheur (démissionnaire) de l’Institut Pasteur, fondateur du GIET (Groupe International d’Etudes Transdiciplinaires), refondateur de la FRAPNA-Ardèche (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature), actuellement grand  pourfendeur des OGM.
(2) Limite infranchissable de toute forme de développement dit « exponentiel », c’est à dire accéléré par sa propre croissance.
(3) « Think tank » multinational fondé en 1968 par le vice-président de la firme OLIVETTI, Aurélio PECCEI, réunissant autour du thème des limites de La Croissance, tout un panel de scientifiques, d’économistes, de philosophes, d’hommes d’affaires humanistes…
(4) A lire : Eloge du génie créateur de la Société Civile et La sobriété heureuse de Pierre RABHI aux éditions Actes Sud, ainsi que Graines de possibles (entretiens avec Nicolas HULOT) aux éditions Calmann-Levy
(5) Terre et Humanisme : www.terre-humanisme.org
Dans cet esprit, nous recommandons vivement  de se reporter également aux évènements et publications de l’INREES : http://www.inrees.org
De même qu’au magnifique travail de conscience de l’équipe de « Rêve de Femmes » : www.revedefemmes.net.