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samedi 1 décembre 2012

Vivre, quatrième année...

1929, Vivre double donc son rythme de publication (24 numéros au lieu de 12), et influence considérablement le débat public, notamment avec la mise sur le tapis de la question de la nudité, qui suscitera bien des polémiques, et fera même interdire la revue dans les kiosques parisiens...


-La grande hypocrisie :
Cette interdiction (prévue par Kienné de Mongeot et ses collaborateurs) mettra en lumière (mais en était-il besoin?) la grande hypocrisie qui règne sur le « monde » : on supporte fort-bien le déshabillé – surtout quand il rapporte- , mais la nudité simple et franche, elle, ulcère et affole.
Et pour cause : le retour à une santé holistique et naturelle par l'hygiénisme proposé par le Naturisme Intégral de toute la population mettrait bien à mal nombre d'intérêts financiers...
Alors autant, sans le Nu pour attirer l'attention des libidos asséchées, les préceptes naturistes sont inaudibles et ne dérangent donc personne... autant avec, la notoriété de l'hygiénisme devient « dangereuse »... (et ne rigolez pas : c'est toujours le cas aujourd'hui!)

-Naturisme Intégral et Christianisme :
En ces temps où la pensée religieuse dominait encore la mojorité des esprits, nombre de plumes s'en prendront à la « doctrine » de Vivre, l'accusant d'être d'essence maçonnique et anti-chrétienne, visant à pervertir l'humanité entière en l'encourageant à sombrer dans la bestialité la plus libidineuse...
Bien entendu, ces accusateurs n'ont pas lu ni étudié l'objet de leurs attaques, car au contraire de vouloir détruire le christianisme, les rédacteurs et ligueurs de Vivre, en grande majorité catholiques et protestants, soutiendront dans le Naturisme Intégral les préceptes parfaitement chrétiens, et affirmeront même que le Naturisme Intégral est une voie fidèle à l'enseignement de Jésus (théologie de la libération avant la lettre !)*, libérant les corps, les âmes et les esprits de leurs distorsions morbides...
En revanche, si le Naturisme combat bien une chose, ce n'est pas le christianisme en lui-même, mais le dualisme qui l'a infecté (exécration du corps et de "la chair", abomination de ses fonctions les plus nobles sans qui la vie n'existerait pas !), représenté par les ligues puritaines et janssénistes qui, névrosées elle-mêmes, propagent des conceptions pathogènes qui rendent le monde malade tant sur le plan physiologique que sur le plan psychique... (nous aurons à y revenir prochainement)

-Nudisme et Éducation Sexuelle :
Si le nudisme est aussi important dans le Naturisme Intégral, c'est qu'il participe pleinement à l'éducation sexuelle, éternelle victime du tabou puritain (tenant d'un dévoiement idéologique de la démarche "spirituelle" et non de la raison), et qui est enfin abordée cette année dans le programme de régénérescence de Vivre.
Le Dr Pierre Vachet affirme et démontre que le tabou corporel et l'omniprésence des vêtements « cache-sexes » créent chez les individus un complexe qu'il nommera « inquiétude sexuelle » (curiosité exacerbée et obsédante, qui peut se teinter d'un profond mépris pour le sexe, et l'autre sexe notamment), et qui ne serait pas anodine si elle n'était pas la cause directe de nombreux troubles psychologiques, conduisant jusqu'aux crimes que sont le viol et le meurtre passionel. Au contraire, la simple nudité, si elle est nécessaire physiologiquement, l'est tout autant socialement, car elle apaise l'individu en dissolvant purement et simplement cette "inquiétude" corrosive et angoissante, ce faux "mystère" autour duquel tout le monde phantasme et élabore ses interprétations dénaturées.Car en donnant à voir le corps dans sa réalité intégrale, la nudité contribue à en intégrer dans la normalité et tout naturellement ses dimensions sensuelles et érotiques qui ne s'expriment pas "nécessairement" en "actes" sexuels !
La preuve en est encore donnée par l'exemple des peuplades nues, ou les mœurs sont bien plus simples, saines et franches que chez leurs sœurs (récemment) habillées, ces dernière découvrant par le biais des vêtements tous les travers obsessionnels et diabolisants de notre « glorieuse » civilisation...

-Alimentation et « sexualité » :
Mais encore une fois, tous les collaborateurs de la revue l'affirment, le répètent inlassablement : la nudité seule ne peut être une panacée, et elle doit s'accompagner d'une hygiène générale : il est énormément question d'alimentation saine dans la revue, avec un idéal frugivore marqué, bien que difficilement accessible pour tous, du moins du jour au lendemain.
Et si les auteurs insistent autant sur ce sujet, ce n'est pas seulement pour le bon fonctionnement de l'organisme, mais aussi parce que le mode d'alimentation a un effet direct sur notre manière de vivre, de penser, de ressentir... et donc également sur notre « instinct génésique » : nombre de nos aliments et leurs condiments sont reconnus pour être aphrodisiaques... or, comment retrouver la paix des sens et de l'esprit si l'excitation sensorielle (et,de fil en aiguille "sexuelle") se trouve constamment émoustillée par l'absorbtion d'aliments "échauffants" ?

-Alors en conclusion,
nous rappellerons simplement, à la suite de l'esprit de Vivre, que tout en nous se tient, et que rien ne doit être écarté de notre compréhension de nous-même si l'on veut retrouver notre équilibre interne, notre épanouissement et notre plénitude de vivre...



* D'ailleurs, le message de Jésus dans un monde baignant dans la pensée judaïque sclérosée n'était-il pas lui aussi un appel au retour au bon-sens et à la simplicité revitalisante de la Nature ?


Bonne lecture !

mercredi 14 novembre 2012

"Vivre" 3ème année...

Illustration de l'article "Annie, Annette ou Anna" extraite de Vivre n°31

Cette année 1928 se voit composée de 13 numéros, car le mois de décembre inaugure une publication bimensuelle de Vivre.
Comme l'expliquera Marcel Kienné de Mongeot, cette « intensification » répond à la demande d'un nombre croissant de lecteurs, mais permet également de publier les contributions de collaborateurs de plus en plus nombreux... ainsi que de répondre aux attaques faites à la revue et au mouvement du Naturiste Intégral, de plus en plus nombreuses elles-aussi, sur la question de la nudité en particulier... y compris au sein du mouvement naturiste lui-même!

L'ire générale que provoquera cette inocente question de la nudité sera sans aucun doute révélatrice du profond complexe qui imprègne et conditionne notre société.
La faute au christianisme ? Le Dr Fougerat de Lastours dément et condamne plutôt l'anté-diluvien puritanisme manichéen, avilissant le corps et particulièrement sa génitalité à la seule gloire de l'esprit, qui pollua l'enseignement des évangiles au point de l'inverser complètement.* (voire note en bas de post)


Est-ce dire que le Naturisme Intégral serait une réémergence du christianisme premier ? Les auteurs de Vivre, s'il ne l'affirment pas ainsi ne sont pour autant pas loin de le penser, d'ailleurs :
la morale, sensée assainir la société, ne réalise-t-elle pas l'exact opposé par les conséquences indirectes de ses règles contre-nature ?

Une nouvelle étonnante viendra donner du crédit à cette opinion :
Un fonctionnaire colonial britanique en polynésie osera faire cette demande à sa hiérarchie : autoriser à nouveau la nudité pour les indigènes ! (Revue de Presse, Vivre n°26)
En effet, depuis 25 ans que leurs corps sont contraints de se couvrir perpétuellement, non seulement la maladie, la morbidité et la mortalité ont explosé**, mais pour couronner le tout, les habitants originels sont devenus pervers et les crimes passionnels, les viols ont explosé eux-aussi.

Le cas n'est pas isolé, loin de-là, car des lecteurs illustreront ce fait d'autres exemples du même tonneau, partout dans le monde où l'occidental et sa « mystique puritaine » imposera à celui qui a toujours vécu tel qu'il est né, ou presque, sa « convenable tenue ».

Alors ? Cette « scandaleuse » nudité ne vaut-elle pas bien mieux que nos conventions si « bienséantes » et prétenduement civilisatrices ?

Certes, elle ne suffit pas à elle-même à soigner entièrement une humanité moribonde, car les collaborateurs de Vivre ne se lasseront jamais de répéter en choeurs, elle doit impérativement s'accompagner d'une rééducation généralisée, physique, alimentaire... intellectuelle et spirituelle !

* Note de Michel Pivert:  À noter que tous les collaborateurs (essentiellement des médecins) qui viennent peu à peu se joindre à Kienné de Mongeot, sont issus et imprégnés des valeurs de la culture chrétienne. Leurs prises de position, si elles s'opposent avec véhémence aux dogmes dévoyés et aliénants des Eglises institutionnelles, s'appuient fortement sur une relecture  des enseignements originels de Jésus.Et ceci se confirmera de numéro en numéro. C'est là d'ailleurs ce qui fait toute l'originalité du "naturisme" et du "nudisme" à la française : une libération de la Vérité de la Vie n'implique pas, loin s'en faut, un retour à un primitivisme d'ailleurs plus mythique qu'historique, ni à un paganisme débridé; elle se doit d'intégrer toutes les avancées positives de l'évolution culturelle et spirituelle de l'Humanité. Et la vision chrétienne du sens de la Vie, vers plus de conscience, vers plus d'intelligence, vers plus de compassion, vers plus d'Amour, en constitue une étape décisive.

**Les collaborateurs de Vivre rappelleront encore une fois que la peau est le 3ème poumon, le 3ème rein, le deuxième cœur et de la même substance embryonnaire que le système nerveux de notre organisme. « la peau du civilisé est un organe atrophié! (…) Un organe atrophié entraîne pour tout l'ensemble de l'organisme des conséquences fâcheuses. » Dr Pathault (Vivre n°32)

Vivre n°24 - 15 Février 1928
Vivre n°23 - 15 Janvier 1928
Vivre n°25 - 15 Mars 1928
Vivre n°26 - 15 Avril 1928
Vivre n°27 - 15 Mai 1928
Vivre n°28 - 15 Juin 1928
Vivre n°29 - 15 Juillet 1928
Vivre n°30 - 15 Août 1928
Vivre n°31 - 15 Septembre 1928
Vivre n°32 - 15 Octobre 1928
Vivre n°33 - 15 Novembre 1928
Vivre n°34 - 1er Décembre 1928
Vivre n°35 -15 Décembre 1928

Pour finir, quelques citations thématiques extraites de ces numéros :


Suivre la Nature :

-"Notre corps est une machine à vivre. Il est organisé pour cela, c'est sa nature; laissez-y la vie à son aise, qu'elle s'y défende elle-même; elle fera plus que si vous la paralysez en l'encombrant de remèdes." Paroles de Napoléon 1er, avant la bataille de Borodino – 1812 (Vivre n°23)

-"... essayons de voir rapidement de quel prix l'homme paie son adaptation aux excitations vitales anormales auxquelles il soumet sans interruption son organisme.
Il en résulte d'abord un cycle vital considérablement abrégé; la nature, violentée, réagit en poussant plus rapidement l'être néfaste vers le creuset de refonte organique." Dr Henri Balland (Vivre n°25)

- « Naturam si sequemur ducem nunquam errabimus »(« Si nous suivons la nature comme guide, jamais nous ne ferons fausse route ») Sénèque (Vivre n°26)

- « Natura non imperatur nisi parendo » (« On ne commande à la Nature qu'en obéissant à ses lois ») rappelé par le Dr Henri Balland (Vivre n°27)

- « Tout par la Nature, Rien en dehors de la Nature », Slogan de Monte-Verita (Vivre n°28)


De la Nudité, des vêtements :

-"Surtout, il ne faut pas croire que la nudité est notre seul but. Nous lui donnons beaucoup d'importance parce que nous considérons que l'hypocrisie morale et physique est le plus grand fléau de l'humanité, parce que nous voulons lui opposer la franchise, terrain producteur des plus belles moissons." Marcel Kienné de Mongeot (Vivre n°29)

- « L'organisme de l'homme est fait pour vivre dans l'atmosphère, il rentre donc dans son vrai élément en s'exposant à l'action de la lumière, de l'air et du soleil (...) L'homme ne naît pas avec ses habits, sa destinée est au contraire de vivre comme une plante mobile dans cette mer de lumière et d'air pur que nous appelons l'atmosphère. » Henri Nadel (Vivre n°29)

- « Le mystère excite de coupables pensées chez les hommes que toutes les gorges opulentes ou menues de leurs compagnes n'avaient jamais troublé plus que de raison. » Comte Festerties à propos des indigènes habillés (Vivre n°30)

- « Les vêtements détruisent et pervertissent l'amour naturel en exacerbant l'instinct sexuel." Marcel Kienné de Mongeot (Vivre n°32)

- « En ramenant notre existence à l'observance des lois naturelles, notre corps reconquérera la sensibilité des êtres primitifs; il redeviendra le récepteur précis du rythme de la vie qu'il conduira sans difficulté et sans heurts au cerveau. » Marcel Kienné de Mongeot (Vivre n°35)

- « Freud prétend, avec de justes raisons, que nous sommes des obsédés sexuels. C'est là, en somme, une vérité de M. de la Palice: l'obsession sexuelle normale étant indispensable à la continuation de la vie. Malheureusement, nous sommes surtout des super-obsédés sexuels, ce qui est grave. Et si nous le sommes, c'est parce que nous avons entouré de mystère l'acte de procréation (et les organes génitaux) que nous l'avons faussement idéalisé, détaché du rythme universel pour en faire une chose à nous, afin de satisfaire nos appétits de basses jouissances ainsi que nous nous servons trop souvent de notre cerveau, de ses merveilleuses facultés, pour satisfaire des besoins matériels, de vaines ambitions.

Il n'est pas niable que ce résultat est dû à notre manque de connaissance et de maîtrise de soi, que la nudité nous permettrai d'acquérir avec plus de facilité.

Tant que nous nous refuserons à une étude approfondie de notre être physique et mental, nous continuerons à être dominés tyranniquement par la passion génésique aberrée qui nous inspire en mal et fausse notre jugement. » Marcel Kienné de Mongeot (Vivre n°35)



De l'hygiènisme :

- « L'avenir de la médecine dépend plus de l'hygiène que de la thérapeutique » Metchnikoff (élève de Pasteur) cité par le Dr Mark Clément (Vivre n°28)

- « Le Naturisme devrait être une religion d'hygiène que tous devraient embrasser avec ferveur, surtout les femmes et les enfants. » Dr Mark Clément (Vivre n°28)

- « Pour bien comprendre la Vie, il nous faut des formes nouvelles de pensée » Dr Pathault (Vivre n°28)

- « La maladie est l'expression de l'effort de l'organisme pour éliminer ses toxines, quelle que soit leur nature, infectieuse ou autogène. La maladie aigüe est une "crise" d'élimination toxinique, la maladie chronique est un "état" d'intoxication chronique. » Dr Léon Vanier, cité par le Dr Henri Balland (Vivre n°29)

- « Le fond de la maladie, c'est l'intoxication des humeurs; l'organisme qui se défend cherche à jeter les poisons dehors; il essaie de les jeter dehors là où il peut. Chez l'un ce sera par la peau ou les muqueuses, chez d'autres par le foie ou le rein; une hémorragie aura ainsi la même valeur qu'une crise d'entérite, d'eczéma. Souvent ce que l'organisme a évacué par un organe et sous une certaine forme lors d'une première crise, pourra être évacué par un autre organe et sous une autre forme, lors d'une autre crise. » Dr Gaston Durville, cité par le Dr Henri Balland (Vivre n°29)

- « Les grands problèmes de la santé publique sont vraiment des questions de psychologie. » Dr Mark Clément (Vivre n°35)


-o-


… et ne manquez pas de lire l'éditorial du n°28 intitulé « La Tyrannie qu'exercent les perversions » que nous reproduisons spécialement ici :


Bonne lecture !


vendredi 25 mai 2012

8 Juillet 2012 : « Journée sans maillot ! »

Notre mouvement « Vivre d’Abord ! – ANEP » a décidé de soutenir sans réserve l’initiative d’une « Journée Nationale sans maillot ! » le 8 Juillet prochain…




À cette saison, au moins, court-on peu le risque de faire prendre froid aux Français ! On s’en voudrait…
Mais rassurez-vous, ce n’est pas une fantaisie aussi gratuite qu’il peut paraître de notre part.

Certes, en pleine crise planétaire de notre « modèle » (sic) de « civilisation » (resic), avec, en fond d’écran, la danse macabre de tous les désarrois, de toutes les angoisses qu’on connaît, un tel appel risque fort d’être taxé de frivole, de dérisoire, d’infantile, voire même de provocateur. Une futile lubie de petits-bourgeois insouciants et vaguement pervers…

Ce serait dommage, mais peu importe, car dans notre vision des choses du moins, c’est tout l’inverse dont il s’agit. A condition toutefois qu’un rayon de conscience vienne éclairer le sens à donner à cette invitation incongrue.
En effet, si l’on admet que la racine du mal qui ronge nos Sociétés et désespère le cœur des Hommes, réside dans les dénis que notre mental oppose systématiquement aux manifestations les plus basiques de la Nature, le refus outragé de notre propre corps se pose à nos yeux comme le plus pathogène et le plus symbolique de tous.

Ce n’est pas pour rien si, dès l’origine de l’Histoire des cultures, la phobie de la Nudité a été tenue par toutes les mythologies pour être le facteur déclenchant de tous les dévoiements, de toutes les perversions !
Déjà, pour les Grecs de l’Antiquité, cette pudibonderie sidérante était le signe le plus flagrant de la barbarie !
Mais bien avant eux déjà, la Bible -sans doute le premier Livre de Sagesse qui nous soit parvenu-, avait tiré la sonnette d’alarme à ce sujet. Eh oui, cela peut surprendre ! Mais allez relire, sans préjugés d’aucune sorte, ce qu’en disent là-dessus les premières pages, certes allégoriques mais tellement révélatrices, de La Genèse. En voici des extraits (de 1-27 à 3-23) :

« Dieu créa l’Homme à son image. Il LE créa à l’image de Dieu. Il LE créa mâle et femelle… Puis, Il contempla tout ce qu’il avait fait. Et voici (son jugement) : c’était très bon !… Or, Adam et sa femme étaient tous deux nus. Ils n’en avaient nulle honte… »  Adam et Ève, on le sait, mangèrent ensuite du fruit de l’Arbre du discernement entre le Bien et le Mal. Aussitôt, « Ils connurent qu’ils étaient nus ! Et ils se cachèrent de devant la Face de Dieu !… « Où es-tu ? » leur dit Dieu ! Et Adam répondit : « Je me suis caché parce que je suis nu ! »… « Qui t’a donc montré que tu es nu ? ! » l’interrogea Dieu… Alors Dieu les fit sortir du Paradis ! »

On ne saurait mieux raconter la trivialité imbécile  du fameux « péché originel », pour parler comme les religions dites « du Livre » ! … Simplement, dire le contraire de ce que « le Créateur » avait jugé bon !
 Car, de fait, comme on peut le vérifier chaque jour, tout le Malheur de l’Humanité tient tout entier dans ce déraillement initial du jugement de l’Homme sur la Réalité et sa propre condition. Son reniement de sa nature et de la Nature, il l’a proféré à partir d’un contre-jugement complètement paranoïaque que le mental humain ne cesse plus, depuis, de prononcer  à l’encontre de l’ensemble de « la Création » et de toute la Logique du Vivant :
«  Non ! Tout ceci n’est pas bon ! Il est urgent de le réformer ! »  A nous les  O.G.M. !

Ce n’est toujours pas pour rien non plus si l’autre héros de notre humaine épopée, un certain Jésus dit « de Nazareth », à des disciples qui l’interrogeaient sur le jour où eux-mêmes rentreraient dans « son Royaume », répondit ceci : « Lorsque vous vous départirez de votre pruderie ! Que vous prendrez vos vêtements ; les déposerez à vos pieds comme les tout petits enfants et les  piétinerez ! Alors, vous verrez  le Fils du Vivant (qui est en vous !) et vous n’aurez plus peur ! » (Évangile de Thomas – logion 37- traduction de Philippe de Suarez). (1)

Retrouver le regard d’innocence naturel (« ni cacher, ni exhiber ! ») vis-à-vis de la Nudité, c’est, de proche en proche, recouvrer une vision juste sur la Vie, sur notre insertion dans son flux nourricier et foisonnant, sur le sens évolutif qu’elle assigne à son actuel et malheureux « champion » ! Bref, c’est la clef de la boîte où se génère l’incontournable paradigme qui devra donner à l’Humanité et à sa Planète les outils mentaux et pratiques pour se restructurer sur des bases d’Harmonie et de Bonheur.

Si le 14 Juillet 1789 (*), une Bastille est tombée, ne nous y trompons pas. C’est plus une redistribution (très partielle d’ailleurs !) des cartes au cœur d’un même « jeu de Société » inchangé qui a été accompli, qu’une réelle Révolution ! Au sens d’un retournement radical des normes, des règles et des objectifs du « Vivre Ensemble » Entre les Hommes et la Nature vivante d’abord ! Entre eux ensuite !
La preuve, ce grand chambardement a fini par se perdre dans les brumes opaques du trivial et lamentable « Enrichissez-vous ! » de Guizot (2)! !

Aussi bien, aussi insignifiant puisse-t-il paraître, le mot d’ordre lancé pour ce 8 Juillet 2012 visera surtout, pour nous, à rattraper le « coup manqué » du trop célébrissime « 14 Juillet »...
Sans têtes coupées, sans empoignades forcenées, sans discours hystériques : juste en tombant ce jour-là, à la plage, à la piscine, dans votre jardin (et partout ailleurs si vous vous en sentez ! ) maillots et autre caches-machins, dans un grand et joyeux éclat de Liberté Primordiale !

Disons  à 15 H pile ? ! (**)



Michel PIVERT
Président-Fondateur de l’ANEP


(*) Cette journée avait été initialement prévue pour le 15 Juillet.. Mais, pourquoi pas   carrément le 14 ?! Le Naturisme gymnique est redevenu aujourd'hui « terre de mission ». Les intégrismes et les pudibonderies ignares ont repris le contrôle des esprits. L'acte de dénudation « revêt » donc de nouveau un caractère proprement révolutionnaire. Faire coïncider cette journée avec notre fête nationale eut été un signe fort donné au Monde de la part de ces français qui, à la face de tous les conservatismes, viennent de faire le choix du « changement maintenant »... Rendez-vous donc  l'année prochaine pour recadrer cette audacieuse initiative et la charger d'espérances nouvelles !
(**) Pourquoi fixer une heure précise pour « tomber les bas » ? Pour que chacun(e) ne se retrouve pas placé(e) devant l'indécision et l'embarras du « quand ? » ! Se voir tout(e) seul(e)   se mettre nu(e) sur une plage, sur un bord de rivière ou de la piscine pourrait assurément en retenir beaucoup de franchir le pas ! 
(1) Un poster illustrant ce texte est édité par l’ANEP. Il est disponible sur demande au prix de 15 E franco.
(2) Guizot fut Ministre de Louis-Philippe en 1847 et 1848. Sa politique entraîna la révolution de 1848 et l’avènement de Louis-Napoléon Bonaparte. Elle marqua le début de la révolution industrielle et du triomphe de la bourgeoisie spéculatrice.

mercredi 18 avril 2012

2012, an zéro du changement d'ère ?

(A propos de la Charte de Terre et Humanisme)
Charte en mode texte sur le site du  Mouvement Colibri
Il y a cinq ans déjà, un mien ami, le Professeur Frédéric JACQUEMART (1), nous mettait sous les yeux une vingtaine de courbes d’évolution des paramètres les plus significatifs de la marche de nos Sociétés.
Toutes atteignaient leur asymptote (2) autour de l’An 2015…
Autrement dit, aucune perspective de poursuite de nos modes de vie n’est envisageable au-delà !
Et qu’on affuble ou non d’épithètes rassurantes notre mythe de la croissance indéfinie –tel le très consensuel adjectif « durable » !-, rien n’y peut faire.
Comme le disait naguère l’économiste Kenneth BOULDING : « Toute personne croyant qu’une croissance exponentielle peut durer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soi un économiste ! ». Raillant déjà l’imbécillité congénitale et rédhibitoire de toute la classe des managers, comptables et autres traders qui se sont emparés des rênes du destin de toute l’Humanité. Et, par contre-coup, des destinées de notre belle Planète Bleue elle-même.

Il y a 40 ans, le Club de Rome (3), les pères-fondateurs de l’écologie politique, les jeunes hippies soixante-huitards, les vieux sages du Naturisme (et les nouveaux !), d’innombrables  autres voix convergentes, clamaient l’inanité d’un « Système » en train de s’emballer et glissant tout droit vers l’abîme.
Elles appelaient à la mise en perspective urgente de notre idéologie du « toujours plus », de notre religion obscurantiste d’un « progrès » technologique indéfiniment salvateur. Elles rappelaient notre interdépendance ontologique incontournable au sein de la Nature et du Vivant. Elles proposaient déjà des voies alternatives pionnières…
Rien n’y fit ! Clameurs dans le désert des certitudes !

Pourtant, une de ces voix, la plus « désertique » de toutes sans doute, puisqu’elle émanait d’un obscur « immigré » sahraoui, échoué qui plus est dans l’un des « trous » les plus arides du plus improbable des départements français, l’Ardèche, finit par percer la conspiration du silence! En appelant à « l’insurrection des consciences », en démontrant par la pratique qu’« un autre monde est possible », Pierre RABHI faillit même en 2002 disposer de la tribune de la campagne présidentielle (il ne lui manqua que quelques signatures sur les 500 requises) pour interpeller les Français et leur faire entendre les évidences massives que nous venons d’évoquer. Dommage ! Les choses auraient sans doute pris un autre cours…
Néanmoins, son cri, ses écrits, ses initiatives, son charisme, sa sincérité, ont rallié à sa croisade d’innombrables « réveillé(e)s » de tous âges. Et dans le Monde entier.
Toute son œuvre est structurée autour de l’idée fondatrice que « de l’humus à l’humain » (voire au-delà !), il y continuum. Elle se trouve très clairement déclinée dans la Charte de son Mouvement fédérateur « Terre et Humanisme » dont nous offrons aujourd’hui la lecture stimulante à nos visiteurs (voir ci-après).


En effet, notre mouvance du Vivre d’Abord ! s’y reconnaît sans l’ombre d’une réserve.
Nous tenons même à souligner que le corpus de pensées sur lequel se sont construits le Naturisme et la Gymnosophie des origines s’y retrouve en intégralité. Pratique de la Nudité exceptée, pour l’instant, vu les ambiguïtés qui flottent autour d’elle. 
L’ANEP n’en déplore que plus d’avoir dû assister pendant près de 50 ans à la complète hémorragie de ces hautes valeurs porteuses d’espoir, hors du grands corps malade de notre Mouvement.
Car on ne doit pas perdre de vue que ce dernier avait été pionnier dès la fin de la Guerre de 14-18, dans toute l’Europe et singulièrement en Allemagne et en France, pour tenter d’asseoir ce nouveau paradigme civilisateur. Il avait su imposer l’évidence qu’à défaut de s’y engager, aucune voie d’avenir n’était possible ; ni économiquement, ni écologiquement, ni éthiquement, ni existentiellement, ni spirituellement. Et qu’aucun Bonheur de Vivre réellement épanouissant n’était de ce fait envisageable au fond de cette impasse. Ce que l’Histoire ultérieure a, hélas, tragiquement confirmé !
Aujourd’hui, le Naturisme officiel n’est plus perçu, au mieux, que comme un petit confort estival, hédoniste, égocentriste et légèrement farfelu. Quand il n’est pas synonyme, dans l’esprit du grand public télévisuel, de pandémonium « sexuel » échevelé !… Tant il a, de « tolérances » contradictoires en consensus invertébré, perdu complètement de vue sa vocation et sa mission d’éveilleur des consciences et d’orientateur « politique » ! Politique, bien évidemment, dans le sens originel de « tout ce qui concerne la vie en Société »…

L’actualité nous montre cruellement que ce n’est manifestement pas dans les « programmes » éculés qu’osent encore ressortir de leurs boîtes à outils les candidats à la prochaine élection présidentielle, qu’on risque de trouver ne serait-ce que les prémices de ce nouveau paradigme ! Même pas, ô désespoir !, chez les ci-devant « écologistes », tout occupés à se faire réserver un strapontin à l’ombre électoralement porteuse du « gros frère » libéral-socialiste !…
 C’est pourquoi nous faisons plus confiance au « Génie créateur de la Société Civile », autour du slogan « Tous Candidats ! » de Pierre RABHI (4), qu’à toutes les professions de foi plus ou moins hallucinées des derniers camelots d’un « modèle » obsolète. Et finalement, hélas, bien plus encore qu’au « souffle » expirant de La Définition dans laquelle a été momifié l’Esprit Révolutionnaire intrinsèque du Naturisme Gymnique (lire à cet égard le conte philosophique de Julien WOLGA, mon successeur comme président démissionnaire des Jeunesses Naturistes de France).

Nous invitons donc tou(te)s les ami(e)s en ligne de Vivre d’Abord ! à faire connaissance avec la Charte proposée par Terre et Humanisme, ainsi qu’avec les liens que nous « caftons » à la suite de cet article. Car aujourd’hui, de multiples horizons jusqu’ici séparés par d’étanches cloisons (sciences de pointe, psychologies transpersonnelles, désirs et imaginaire, réalisation spirituelle, créativités artistiques, etc…), surgissent des visions convergentes de la Réalité ultime du Vivant. Elles s’enrichissent mutuellement, font exploser les oppositions prétendument irréductibles, ébranlent les dogmes sclérosants et redonnent sa pleine richesse au concept inépuisable de « Nature », tout à la fois une et foisonnante (5).



Bonne lecture ! Et n’hésitez pas à vous exprimer. L’enrichissement des Idées vient toujours  d’un échange apaisé entre esprits ouverts, empathiques, réfléchis et sans préjugés…

Amitiés à chacune, à chacun de ceux et celles qui se profilent derrière les 13.922 visites enregistrées  à ce jour sur notre blog ! Et à toutes celles et ceux qui entr’ouvrent pour la première fois notre « petite lucarne » !



Michel PIVERT
Président-fondateur de l'ANEP




(1) Dr. en médecine, Dr. en sciences, ancien  de Médecins sans frontières, ancien chercheur (démissionnaire) de l’Institut Pasteur, fondateur du GIET (Groupe International d’Etudes Transdiciplinaires), refondateur de la FRAPNA-Ardèche (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature), actuellement grand  pourfendeur des OGM.
(2) Limite infranchissable de toute forme de développement dit « exponentiel », c’est à dire accéléré par sa propre croissance.
(3) « Think tank » multinational fondé en 1968 par le vice-président de la firme OLIVETTI, Aurélio PECCEI, réunissant autour du thème des limites de La Croissance, tout un panel de scientifiques, d’économistes, de philosophes, d’hommes d’affaires humanistes…
(4) A lire : Eloge du génie créateur de la Société Civile et La sobriété heureuse de Pierre RABHI aux éditions Actes Sud, ainsi que Graines de possibles (entretiens avec Nicolas HULOT) aux éditions Calmann-Levy
(5) Terre et Humanisme : www.terre-humanisme.org
Dans cet esprit, nous recommandons vivement  de se reporter également aux évènements et publications de l’INREES : http://www.inrees.org
De même qu’au magnifique travail de conscience de l’équipe de « Rêve de Femmes » : www.revedefemmes.net.

mercredi 11 avril 2012

Naturisme et Spiritualité...

En marge du congrès 2012 de la Fédération Française de Naturisme est initié un débat autour du sujet "Naturisme et Spiritualité".
L'ordre du jour y est proposé comme suit:

-Faire connaissance : chacun est invité à s’exprimer sur son vécu...et son intérêt pour ce thème de réflexion.
-Chacun dit comment il pourrait définir la spiritualité, en quelques mots (on supposera que chacune et chacun
sait ce qu’est le naturisme)
-On développe ensuite les liens entre naturisme et spiritualité.
-Quels écrits connaissons-nous sur ce thème ?
-Comment peut-on communiquer sur ce thème : articles dans Nat Mag, 3N, forum sur site FFN, conférences, autres.
-Autres points


Ne pouvant nous y déplacer, nous avons donc fait passer nos participations écrites, les voici ci-dessous, telles-quelles...

°

Contribution de Michel PIVERT à
la réflexion proposée sur les rapports entre
Naturisme et Spiritualité
(...), m’a communiqué le plan que Paul RHETORE (actuel Président de la Fédération Française de Naturisme) souhaite voir suivre par les intervenants qui voudont bien participer de vive voix ou médiatiquement, au débat. Je l’ai trouvé très judicieux et je m’y range donc bien volontiers.
I - Je me présente.

Michel PIVERT. Rentré en Naturisme…le jour de ma naissance (et même 9 mois auparavant !).
J’ai rejoint le Mouvement qui portait  ce bel idéal de Vie dès mes 14 ans, avec la bénédiction de ma mère. J’y ai été chaleureusement accueilli par Albert et Christiane LECOCQ qui en étaient alors les principaux animateurs. Rapidement, j’ai, comme on dit, « pris du galon » ! Il faut dire qu’à l’époque, on ne se bousculait pas au portillon des responsabilités… Surtout en gardant son nom d’état civil ! La peur du qu’en-dira-t-on …

J’ai ainsi activement  participé à la création d’un des premiers clubs ouvert à une jeunesse qui, dans ces années-là ,se sentait fortement attirée par la vie naturiste. Il prit le nom de « Juvénia » et fut rattaché aux Compagnons Campeurs de France de Lucien AUZIAS) Les portes de l’Institution fédérale m’ont donc été assez tôt (entr’ !) ouvertes. Au début des années 60, j’ai proposé de fédérer les quelques 12 groupements de jeunes existant alors. Je devins ainsi Secrétaire Général  du CNJN (Comité National de la Jeunesse Naturiste). On peut se reporter à cet épisode de l’Histoire du Mouvement en lisant notre « Manifeste » diffusé à partir de 1963.


J’ai par ailleurs apporté ma pierre  -comme je le fais présentement !- à la réflexion qui battait alors son plein sur le devenir du Mouvement. Ceci sous la forme de nombreux articles que j’ai produits,à partir de là, pour les magazines naturistes alors en plein essor : « La Vie au Soleil », « La Revue Naturiste Internationale » (40.000 lecteurs mensuels !), « Vivre d’Abord ! », « Jeunesse et Avenir »…

Suite à cet « activisme », en 1966, Marcel KIENNE de MONGEOT, le patriarche de la gymnosophie, me fit l’insigne honneur de me désigner comme son héritier spirituel, de préférence à Albert LECOCQ…Il le jugeait en effet trop engagé dans la « commercialisation » du Mouvement que lui soufflait comme étant incontournable toute une Cour intéressée de promoteurs et de financiers. Il n’avait pas imaginé à quel point c’était là me faire un cadeau empoisonné ! Aussi n’ai-je pas tardé à être mis sur la touche par les courtisans de « Pépé ». Quant à lui, il m’a personnellement gardé toute son affectueuse estime, jusqu’à sa mort en 1969.

Peu de temps après, j’ai émigré en Provence pour tenter de reprendre la suite de Georges et Pierrette BOUDOU, les créateurs de « La Chataigneraie », le mythique Centre de Vacances des Gorges de l’Ardèche. Mais vu le différentiel de moyens, la SOCNAT m’a doublé sans mal ! Elle a  néanmoins mis la clef sous la porte au bout de trois saisons…Exit « La Chataigneraie ». 
En 1983, je suis appelé à Paris pour relancer « La Vie au Soleil » qui ne paraissait plus depuis un an. J’en devins brièvement le rédac’chef avant que le titre, bien regonflé, ne soit revendu par son opportuniste propriétaire à des amis de…Jean-Marie LE PEN.

Entre-temps, en quête d’une voie d’épanouissement un peu plus « métaphysique » à proposer au Naturisme pour enrichir l’œuvre de pionniers, je m’étais engagé dans une exploration sans préjugés de divers enseignements dits « spirituels ». Orientaux, amérindiens, chrétiens… En chemin, j’ai découvert avec jubilation qu’aucun ne contrariait fondamentalement mon « crédo » naturo-gymnosophique. Bien au contraire !
Aujourd’hui, je poursuis toujours cette belle aventure de Vie…

Ah, j’oubliais : j’ai fait des études d’économiste avant de virer ma cutie vers l’écologie militante ! J’ai eu trois enfants, dont le plus jeune (14 ans), avec une « reine » de l’Ile du Levant, la Mecque légendaire du Naturisme… Un « couronnement » de mon parcours, en quelque sorte ! 

II – « Mon » Naturisme.

Je déteste les mots en « isme » ! Ils fleurent trop l’idéologie et le fanatisme. Le plus souvent, ils évoquent des « systèmes » rigides et réducteurs. Pire, ils finissent toujours par exploser en une gerbe d’intégrismes rivaux ; ils divisent et sont sources de conflits intarissables.

Mais alors, comment nommer cet appel viscéral de la « Nature » ? Cet élan à la fois exaltant et apaisant qui nous pousse du fond de notre être vers le Vivant, vers la Terre, vers le Cosmos ?

Car où commence-t-elle et où finit-elle cette « Nature » ?
Les senteurs mêlées d’une forêt, le chant céleste d’un oiseau, la course ondoyante d’un guépard, les teintes pastel d’un lever de Soleil, la douceur des seins de ma bien-aimée, l’immensité de la voûte étoilée, le bercement mélodieux de la mer, le sourire confiant d’un enfant… Sur chacune de ses manifestations, on pourrait mettre un mot…et en faire un « isme » ! Faisons-en plutôt un hymne !

Je me refuse donc à toute définition, forcément figeante  et sclérosante.
Je préfère me laisser porter par les ondes de mon ressenti et m’efforcer de mettre dessus des mots pas trop déformants, pour pouvoir éventuellement en parler avec justesse.

Ce profond « sentiment de la Nature » ne saurait se voir imposer des limites.
Sa poésie, la joie qui en émane, l’enthousiasme qu’il soulève tout au fond de notre corps et de notre conscience, se dissipent comme un mirage dès qu’on met un écran entre Elle et soi. C’est bien pourquoi la Nudité est toujours vécue, par les gens sincères avec eux-mêmes, comme le seul état dans lequel on peut réellement le vivre en toute plénitude ! « Faire corps avec Elle ! », s’exclame une récente publicité. Quel beau slogan ! « Faire corps et âme ! », ç’eut été encore plus beau !…

L’attitude, disons désormais naturienne dont on ressent l’exigence dès qu’on a pu faire cette expérience d’authenticité, consiste alors à rechercher la voie du moindre obstacle entre cette Source de Vie essentielle et soi-même. Jusqu’à ce que le miracle d’une communion fusionnelle s’opère.

« Mon » Naturisme requiert donc de savoir se dédouaner de tout ce qui peut entraver cette immersion de ma vie dans l’Océan de la Vie. Fuir toute artificialisation, toute dénaturation, tout dévoiement, tout détournement, tout corsetage, toute inhibition… Lâcher prise et faire confiance au Génie du Vivant qui, depuis la Nuit des Temps, affine sans relâche toutes les manifestations de la Création. La nôtre, l’humaine, notamment.

Et, dans cette belle renaissance à soi-même, rencontrer enfin « l’Autre » ! Dans sa propre identité.


III – « Ma » Spiritualité.

A partir de là, n’y aurait-il pas  comme l’évidence d’un continuum entre ce vécu naturiste disons « existentiel », en lien avec le Monde  « physique » et ce qu’il est convenu d’appeler la vie spirituelle, en lien, pour sa part, avec le Monde dit « métaphysique », ou plus précisement: transmatériel ?

EINSTEIN a interloqué la Science établie de son époque en prouvant l’évidence, cependant difficile à saisir, d’un continuum espace-temps ! Après lui, d’autres explorateurs de la Connaissance ont encore ouvert une autre porte sur la compréhension des racines de l’Univers en découvrant l’ultra-réalité du monde quantique ! Autant d’avant-gardes avancées qui, en un apparent paradoxe, avaient rejoint les intuitions ancestrales des aventuriers de l’Esprit, recueillies au plus profond de leurs méditations…

Plus aucun doute désormais –sauf pour quelques esprits obstinément fermés et qui rencontrent de moins en moins d’audience. Les limbes aient leurs âmes !…- : le Monde du Vivant se joue des clivages mentaux que les sens fractionnés et la cérébralité obtuse de la grande masse des hommes ont voulu plaquer sur lui depuis le « triomphe » ambigu  de la Raison Pure.

Entre matière inerte et « matière » vivante, entre corps et psyché, entre psyché et esprit, les illusoires barrières tombent une à une. Le caractère psycho-somatique de bien des maladies n’est plus à démontrer ! Et la proclamation des Anciens, « Mens sana in Corpore sano », reprend désormais tout son sens : à la fois constat, proclamation et objectif…

N’oublions pas que c’était déjà la devise fondatrice reprise par les pionniers du Naturisme dit « intégral » ! Ils démontraient, en outre, que cet « ardent idéal » n’était pas accessible autrement que par les voies de la Nature.

Qu’on appelle « matière » ce qui se passe à un « bout » de l’infini chemin de la Vie et « dieu » ce qui se passe à l’autre « bout », qu’importe ! La réalité d’un processus sans limites, sans commencement ni fin, sans hiatus, s’impose à nous ! Et notre existence nous en fait parcourir l’aventure aussi naturellement qu’une goutte d’eau dans la veine d’un courant !


IV -  La question d’un pont entre Naturisme et Spiritualité.

Si je me suis clairement exprimé et si le lecteur m’a suivi jusque là, on comprendra aisément que pour moi, la question d’un « lien » entre Naturisme et Spiritualité ne se pose même pas !


Ce « courant porteur » que je viens d’évoquer, c’est précisément cela , l’essence  du Naturisme !

En sortir nous condamne au même sort que la goutte d’eau qui viendrait à s’en échapper : s’évaporer et s’en retourner, sous forme de nuage, réalimenter, au mieux, la source ; au pire, se perdre dans les sables arides du désert…

Mais s’y maintenir dans une joyeuse adhésion, voilà  l’option naturiste authentique.
En affirmant cela, je sais que je me situe fidèlement au cœur-même  de la pensée de nos fondateurs.
Et l’accomplissement de la phase dite « spirituelle » de ce processus de confiance (de Foi pourrait-on dire !), nous ouvre à la traversée émerveillée de contrées insoupçonnées de la Vie.
Toute la stimulante beauté du Naturisme réside dans cette certitude libératrice. Il suffit de l ‘expérimenter pour s’en convaincre !

Descendons un jour ensemble, voulez-vous, les Gorges de l’Ardèche dont j’ai voulu faire dans cet esprit précisément une « réserve naturelle » et y maintenir coûte que coûte une présence naturiste ; dans ce lieu hautement initiatique, vous comprendrez par tous vos sens, par toute votre intelligence naturelle, ce que je veux dire ici…
Non, ce n’est pas pour rien que les premiers naturistes s’y étaient tant complus et qu’ils s’y étaient implantés : ils avaient senti qu’ils côtoyaient là les symboles les plus immédiatement intelligibles des plus grands Mystères de la Vie ! Même s’ils n’en étaient pas toujours conscients, l’émotion poignante qui les rendait si fidèles au lieu, exprimait mieux que des mots les « raisons » presque ontologiques qui les y attachaient.

Dans un registre plus traditionnel, savez-vous ce que Jésus répondit un jour à des disciples qui lui demandaient : « Dis-nous, Maître, qui est à l’origine des choses : la matière ou l’esprit ? ». Voici l’énigmatique et lumineuse réplique qu’il leur fit : « Si c’est l’esprit, c’est une merveille !. Et si c’est la matière, c’est une merveille de merveille ! »…Les laissant deviner par eux-mêmes que c’est l’union des deux qui soutient l’Univers !

Ne perdons jamais de vue que la plus grande mystique sans doute de l’Histoire de la Voie dite chrétienne que fut Marie-Magdeleine, commença d’abord par quitter les chemins mondains sans issue où elle s’était fourvoyée (sa fameuse « conversion », dans un élan d’Amour éperdu pour son « Rabbouni »).
Marie-Madeleine de Giampietrino
Elle reprit aussitôt le cours « naturel » de la Vie et de sa vraie destinée, pour finalement accomplir sa transcendance au sommet de la Sainte-Baume. Dans un éclat de lumière insoutenable, nous dit la Tradition. Là où la même Tradition note encore avec insistance qu’elle y vivait nue et dans « une heureuse sobriété  », comme dirait aujourd’hui mon ami Pierre RABHI !

Plus « naturiste » et plus « spirituelle » ?  Trouvez mieux !


V – « Mes » inspirateurs.


Alors, demanderez-vous peut-être, « à quels écrits se réfère-t-il, celui-là, pour soutenir une vision aussi « religieuse » du Naturisme ? !»


Oserai-je vous répondre : « D’abord au grand Livre de la Nature !». Cela vous étonne ?  Certes , je n’omets pas pour autant de rendre un hommage ému à tou(te)s celles et ceux qui m’ont guidé, dans cette vie présente , vers le rayon de bibliothèque où il s’empoussiérait un peu par ces temps d’hyper-technologie. Des noms ?  Eh bien, notez par exemple, dans le désordre et sans exhaustivité : LANZA DEL VASTO, le Maître Mikhaël AÏVANHOV, Jean ROSTAND, Arnaud DESJARDINS, François TERRASSON, Günther SCHWAB, MA ANANDAMAHI, OSHO… Mais aussi, bien sûr : KIENNE de MONGEOT, les Docteurs DURVILLE, MALKOWSKY,.. Et par dessus tous –je sais qu’ils me pardonnent !- notre « Grand Frère », JESUS de NAZARETH, accompagné de sa « Grande Sœur », MARIE de MAGDALA.

Tous, si l’on sait les lire et les « entendre avec les bonnes oreilles», sans a-priori, nous indiquent leur propre référence à eux : et c’est toujours la Création, la Nature ! Cet infini réceptacle d’évidences quant au sens manifeste de la Vie ! Tous nous disent : « Observez ! Laissez-vous porter par les ressentis intimes et premiers qu’Elle vous procure ! Ne les censurez pas avec votre « tête » ! Eprouvez-les par l’expérience du quotidien ! Donnez-leur accès à votre Conscience, autant que faire se peut par le truchement de mots justes ! Confirmez-les par les témoignages de tou(te)s celles et ceux qui ont suivi parallèlement ce Chemin ! » Et Dieu sait si l’Histoire Humaine, heureusement, en est riche ! Autant à l’ Orient qu’à l’Occident ! De l’Hymalaya à la Forêt Amazonienne ! Des temples d’Egypte aux Cathédrales d’Europe ! Des Vestales aux Béguines ! Des Bodhisattvas aux Soufis ! De Tilopa à François d’Assise !…

Authenticité et Confiance donc ! Tels semblent bien être les deux piliers de la Porte (qu’on dit  étroite! Mais ne serait-ce pas notre entendement qui l’est !) ouvrant à la plénitude de la Vie ! Deux critères aussi pour discerner les « bons pasteurs » des « faux gourous » !



VI – Comment « communiquer » sur ce thème ?

Quant à la manière et aux moyens de faire passer un tel « message » en milieu naturiste si l’on en ressent le besoin et la vocation, j’avoue ma perplexité et mon embarras.

Partant du constat qu’ « il vaut mieux ne pas mettre des pièces neuves sur les vieilles outres », pour parler comme JESUS, je serais tenté de dire : «Construisons ce Naturisme-là sur un terrain vierge ! »

Les structures existantes ont certes l’immense mérite d’exister. Mais elles sont vieillissantes ! Elles sont suturées de partout à la suite des luttes intestines misérables qui les ont ravagées tout au long de ces 50 dernières années ! Elles gèrent tant bien que mal une option somme toute « consumériste et bonne-frenquête » d’un Naturisme ramené prudemment à sa plus simple expression : le nudisme…Mais lui-même en butte à l’insidieux travail de sape d’un nouvel « ordre moral », frileux et pervers. Apeurées, elles en sont même arrivées cette année à faire sa promotion au moyen d’affiches…habillées ! Voyez la campagne promotionnelle du Club Français du Naturisme… Elles se sont laissées emporter par tous les « airs du Temps » à la mode, à base de « tolérances » tous azimuts et, in fine, fatalement contradictoires ! Elles se sont figées dans une Définition, aussi creuse qu’unanimement passe-partout, du Haut Idéal qu’elles s’évertuent encore à incarner. Elles ont ostracisé une à une toutes les « têtes » honnêtes et sincères qui émergeaient de çi de là, dedans comme hors du Mouvement, pour se proposer au pilotage du « bateau » ! Elles n’ont pas su motiver les nouvelles générations pour qu’elles se tournent en masse vers le génial paradigme de Vie dont elles se veulent jalousement les seules dépositaires alors qu’elles l’ont si peureusement mis sous le boisseau ! Que lança un jour Jésus aux prêtres de Jérusalem ? « Vous détenez les clefs du Temple ! Non seulement vous n’y entrez pas vous-mêmes, mais vous en empéchez ceux qui voudraient y entrer ! »…

 Bref, on ne peut que souhaiter que ce « bateau sans rames, sans voiles et sans gouvernail » finisse le plus rapidement possible par accoster, au hasard bienheureux des courants, sur un rivage qui saura reconnaître le trésor qu’il porte dans ses cales. Mais toujours « aux fers » pour l’instant ! À l’instar de cette Marie-Magdeleine s’échouant en Camargue il y a près de 2.000 ans, selon la Tradition, et allumant aussitôt le feu de la « Bonne Nouvelle » qui se propagea ensuite comme traînée de poudre dans toute l’Europe !

Aujourd’hui, grâce sans doute, à la crise mondiale qui a déchiré le flanc de notre arrogant « système », tel l’iceberg du Titanic, le Temps est peut-être venu de ranimer enfin ce Naturisme que nous ont légué les visionnaires du Passé. Dans toute son intégrité. Dans toute sa cohérence. Dans toute sa richesse.

Y compris donc, nécessairement dans sa dimension « spirituelle ».

C’est ce Naturisme-là qu’il s’agit de « dire » au Monde !  Ce Naturisme authentique, holistique  et tellement fécond!

Et à « Vivre d’Abord ! – l’ANEP », nous nous y employons.

La  preuve !



Michel PIVERT
Président-fondateur de l’ANEP

vendredi 11 novembre 2011

Présentation du blog Vivre d'Abord!




"Vivre d'Abord!"
… Un cri ! Jailli du tréfonds de la Vie !
Jubilation des corps ! Exultation des âmes !
Une exclamation poussée par l’instinct de conservation ?  Sans aucun  doute !
Une revendication élémentaire face à une oppression mortifère ? Certainement !

Car chacune, chacun en est conscient : “ Hors de la Vie, point de salut ! ”  Rien. Le néant.
Là-dessus, nous ne pouvons qu’être tous d’accord. La primauté à donner à la Vie ne souffre aucune réserve, aucune objection, aucune exception, aucun débat : c’est un impératif absolu ! Il s’impose par delà les générations, par delà les races et les cultures, par delà les sexes, par delà les espèces mêmes… Tous, nous sommes tous embarqués, sur cette Planète, dans la même aventure de la Vie !

Le Monde va mal ?  Ce n’est pas nouveau !
Une “ civilisation ” est en train de s’écrouler ? Ce n’est pas la première !

Les “ formes ” passent, on le sait. Mais demeure toujours l’Argile !
L’Argile de la Vie : c’est elle qui compte.

À la croisée des chemins, un jour ou l’autre, pour l’individu comme pour les Sociétés, retentit la fameuse interpellation : “ la bourse ou la vie ? ! ” Qui hésitera ? ! Je suis prêt à tenir le pari ; même auprès de Mme Betancourt…
“ Tes fringues ou ta peau ? ! ” La question ne se poserait même pas !
Vêtu et mort ou nu et vivant ? C’est quoi ton choix, là, sans réfléchir, même sur un quai de RER ?

Aujourd’hui que nous voilà tous au pied des quatre murs totalitaires qui enferment les destinées de toute l’Humanité depuis si longtemps, il est urgent de se tourner vers l’essentiel et de s’y amarrer fermement.
Et l’essentiel, c’est la Vie !



Voilà les raisons qui nous poussent à relancer aujourd’hui, onze ans déjà après le début du troisième millénaire, le Mouvement Social Vivre. Notamment par le moyen de cet interphone planétaire qu’est devenu le WEB.
Toujours étouffé depuis que des “ pouvoirs ” de tous ordres tentent de “ guider ” (“ führen ” en allemand…) les peuples et l’Humanité vers des croyances et des existentialismes plus phantasmatiques les unes que les autres, ce Mouvement n’a cessé de maintenir en éveil la pulsion de Vie dans l’Esprit humain, malgré toutes les vicissitudes mentales qu’il a pu connaître.
Retrouver l’issue de secours ou, pour faire plus image et moins “ panique à bord ”, la  “ veine ” du courant, et se réapproprier l’espérance, telle est notre ardente motivation.
Depuis un siècle, ce Mouvement s’est laissé appeler “ naturiste ”… C’était un terme fort et novateur, en ce temps-là. Cela voulait dire : “ reprendre le cours naturel de la Vie et de son évolution positive ”, comme cela avait été constant depuis l’origine du Monde ; tout en y intégrant les valeurs de fraternité, de solidarité et d’Amour, acquises par nos devanciers en Humanité.
Depuis, le terme s’est considérablement affadi, synonyme désormais, sous la plume de certains journalistes, d’ “ hédonisme petit-bourgeois et égocentriste ” Il est même devenu carrément équivoque depuis que les  nouveaux libertins  en tous genres en ont fait leur “ cache-sexe ” de prédilection…
Pourtant, quel mot résonne mieux que Nature pour englober et faire converger tous les instincts de survie et de Vie qui nous travaillent ? Des plus basiques aux plus immatériels (comme l’Amour ou l’intuition d’une Transcendance)…
Nous avons pensé au vieux vocable de “ naturien(ne) ”… A voir.
Pour l’heure, nous conserverons encore le sous-titre donné à notre “ radeau de sauvetage ” mis à l’eau en 1988 pour sauver une fois de plus la pensée fondatrice du Mouvement de la énième tempête qui l’assaillait alors : l’A.N.E.P. (Association Naturiste Européenne pour la Plénitude de la Vie).

Entre-temps, nous avons pu reconstituer une très grande partie de la bibliothèque perdue des œuvres écrites et iconographiques de ceux qui ont été les passeurs de l’esprit du “ Vivre d’Abord ! ” au cours du Siècle passé.
Il s’agit de cet Institut Français du Naturisme dont sont et seront extraits les documents d’information et de réflexion que nous vous proposerons sur cette Agora (pour ne pas dire “ forum ”…) de la Conscience Naturiste (ou “ naturienne ”…) du Monde.

Bienvenue donc à toutes et à tous dans ce bain de Jouvence, de Liberté et d’Espoir !



Michel PIVERT
Président-fondateur de l’A.N.E.P.
(Secrétaire général des Jeunesses Naturistes de France de 1963 à 1973)



samedi 20 août 2011

Naturisme, nouveau contrat social pour demain


Erratum: une coquille s'est glissée dans la deuxième page, à la fin de la première colonne: ce n'est pas "que" qu'il faut lire, mais "pour".

Le Nouveau Naturiste n°19 (Juillet-Août 1994)
Auteur: Michel Pivert

dimanche 14 août 2011

La Grand'Peur d'Eros





La Vie au Soleil - Le Nouveau Naturiste n° 75 et 76
Auteur: Michel Pivert

dimanche 7 août 2011

Pour l'Honneur du Naturisme



La Vie au Soleil - Le Nouveau Naturiste n°63 Janvier-Février 1997
Auteur: Michel Pivert